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mardi 8 octobre 2013

EPITAPHE LUNATIQUE

EPITAPHE LUNATIQUE



 Le tumulte et l’agitation s’entrechoquaient près de la salle des ventes parisiennes. Drouot était en effervescence, les colporteurs s’activaient et déjà on distribuait à l’entrée le programme des ventes de ce mercredi  1920.
Une foule pressante et quelques curieux s’aventuraient dans l’avant-salle pour contempler les quelques bibelots, épars et rangés de manière parfois confuses, qui surplombaient les étagères et les panières.
Des coffres en merisier, des chaises Louis seize et des bronzes datant de la Restauration se mélangeaient dans un décor et un amas d’objet hétéroclites.
Les questions fusaient, et l’assistante du commissaire-priseur ne pouvait que se féliciter du succès futur de l’après-midi.
Toutes les places étaient occupées et certains avaient même appelé l’avant-veille pour réserver leur siège ou leur banquette de velours.
L’horloge du hall d’entrée sonna 15h00, il était temps de faire les premières ventes.

La salle Drouot était un peu étroite, on y accédait par deux entrées secondaires sur les bas-côtés et une entrée principale. Une porte cochère était à demie-cachée près de l’entrée pour permettre la livraison des objets les plus fragiles. Un lustre en cristal surplombait l’entrée, mais la salle n’était que peu éclairée. Une mince lanterne répandait son halo sur le bureau de l’assistante qui se pressait parmi les badauds pour accéder à son siège.
Les premiers rangs étaient occupés par des hommes riches ou des amis de  particulier, chargé d’enchérir au moment opportun.
Les seconds rangs étaient quant à eux occupé par la haute bourgeoisie, qui s’était mis en habit pour l’occasion et qui de fait semblait un peu engoncé dans leurs costumes et leurs corsets à la mode.
Enfin, le fond était ouvert aux gens du peuple, et on y voyait parfois quelques étrangers de passage qui s’arrêtait plus par curiosité que par désir d’acquérir un bien.
Le silence se fit soudain, le commissaire-priseur, vêtu d’une Jacquette un peu désuète s’avançait gravement dans l’allée principale.
Le marteau en bois de hêtre était déjà dans sa main noueuse, prêt à s’abattre et à rendre son jugement.

C’est alors que la porte cochère s’ouvrit et un vent frais et automnale entra dans la salle, quelques personnes frissonnèrent et d’autres éternuèrent discrètement.
La personne qui venait d’entrer était une femme d’une quarantaine d’années, imposante, qui dégageait une sorte d’aura presque magnétique. Elle était vêtue d’une robe émeraude et d’une fourrure un peu dépassée.  Un charme indéniable la suivait et la dame fit grande impression sur l’assistance.  
On l’installa au premier rang avec un soin tout particulier pour qu’elle vit bien le maitre de cérémonie. Ses yeux étaient fardés de noir et elle fixait l’assemblée d’un regard inquisiteur. 
Cependant, ses mains nouées se dénouaient tremblantes,  et elle paraissait anxieuse malgré son apparence.

Le commissaire-priseur un peu troublé par cette interruption se racla la gorge et la salle redevint calme, après avoir été sujette à un brouhaha interrogateur.
Les lots commencèrent à défiler et les mains se levèrent, certains acheteurs attendaient la bonne occasion et ne manquaient pas de sauter sur l’opportunité de leurs rêves.
Quelques bibelots des années 1800 arrivaient aux comptes-gouttes et les miroirs en ambre s’arrachaient comme des petits pains.
Le ton vint à monter lorsque l’on apporta un lit en bois de palissandre, merveille visuelle mais qui semblait un peu inconfortable. 
La mystérieuse dame à cet instant eu un mouvement de recul et hésita à lever la main, mais un regard vers le maitre des lieux l’en dissuada et elle retourna dans sa rêverie trompeuse.

Un petit coursier d’à peine dix ans la remarqua mais ne pipa mot, il devait être attentif à la vente car son client était sur une grosse affaire.
Le lot suivant était composé de bijoux anciens, de bronze d’Italie et d’une étoffe anglaise de qualité douteuse. Les enchères grimpèrent et le commissaire-priseur ne savait comment gérer les demandes de cette foule presque enragée qui criaient leurs enchères.
Enfin,  des lots moins intéressants arrivèrent et le maitre des lieux put savourer son répit. Mais ce dernier fut de courte durée, car déjà on annonçait les objets exotiques, dont certains avaient fait sensation lors de l’exposition universelle.
On vociférait en chœur pour se procurer un masque africain ou une jarre péruvienne, et que dire des morceaux du temple d’Ankhor, véritable trésor archéologique promis à une vie de salon ? 

La dame commençait à se lasser et elle fit mine de partir, mais un lot retins son attention. Il s’agissait d’une corbeille remplis de photos éparses, de mauvais tirages pour certaines. 
Prise d’un accès de folie, elle se leva et dans une plainte déchirante cria : «  je prend je rachète tous ça, ce que vous vendez là, c’est mon passé à moi » . Car venait de surgir, du fond de sa mémoire, un visage oublié, une image chéri du fond de sa mémoire, son seul amour de femme peut etre.
 Elle était là figé, superbe et déchirante mais personne ne l’entendit . 
Malheureuse ! Tous se passe si vite dans la salle des ventes, tous se passa si vite qu’on ne l’entendit pas.

Hagarde elle sortie de la salle des ventes, serrant dans ses doigts nus quelques billets . Elle pleurait son passé, à jamais disparu.

mardi 18 juin 2013

EPITAPHE AU DORMEUR SANS ETOILE : VENT FRAIS ESTIVALE



EPITAPHE AU DORMEUR SANS ETOILE

Capitale, c'est capitale comme ville Paris ?


Quand je vois Paris, avec son bitume gris
Je me dis qu'il y a sans doute quelque chose de plus beau
Que quelque part d'incapables,
Nourissent des oiseaux.
Je me ravise alors et me garde de dire;
Que le Paris qui vit,
Sa place est dans mon coeur.






Frivolité florale

Un bouquet de rose, face à un pot d'orchidée, quel jolie duel ! L'un prône le classicisme, le romantisme est des effluves enivrantes. L'autre proclame son exotisme, sa fraîcheur, et sa longévité imperturbable.
Et pourtant, de ces deux douceurs, lequel est celui qui garde son souvenir dans les cœurs ?
Un bouquet de rose, offert pour milles occasions, heureuses ou tristes, charmantes ou surprenantes. L'orchidée prétend aussi être de la partie. Mais de ces deux là on ne retient que la douceur, le charme et le plaisir de les voir posés sur une table, immobile et orgueilleux se confrontant de tige en pétale pour capter les regards.
Alors qu'un bouquet de fleurs sauvages, cueilli un peu au hasard sur les bords d'un chemin, arrangé à la hate sur le pas d'une porte, brille par sa simplicité et détonne par sa composition. Fleurs éphèmères, blé doré, et tiges des bois s'y côtoient sans jalousie aucune. Aucunes d'entre eux ne veut avoir la plus belle place au sein de la maison, aucuns d'eux ne désire un de ces grands vases, où l'on se sent important.
Ils savent bien que la simplicité n'est pas l'apanage des tables de réceptions, des salons et des majestueux guéridons.



mardi 30 avril 2013

EPITAPHE AU DORMEUR SANS ETOILE - Silences et grande Clameurs


EPITAPHE AU DORMEUR SANS ETOILE



Je te jette ces mots qui vont gémir, blême et sans gêne, sur du papier glissant .Ces mots que je ne peux exprimer, qui s’écrasent de si haut sans bruit. Ils restent là, en équilibre sur le fil d’un mouvement importun ; plus de plumes, plus d’encre pour se tacher les doigts d’amertume. Il ne me reste qu’une mince pointe de plastique, qui parait indécente devant la candeur presque trop pure de cette feuille blanche. Son immensité me parait insurmontable, j’aimerai y plonger, en respirer les effluves, et me perdre à travers ses lignes déjà tracées. Lorsque rien n’est écrit tout est à inventer paraît-il. Cette illusion me semble dérisoire et souvent, j’aime à songer que du passé, nous savons trop. Oui, nous sommes toujours en quête du sensationnel, de ce qui nous fera rêver. Mais l’essentiel se trouve déjà en chacun de nous, ici-bas. Les apparences exquises ou délicates nous enferment dans un songe, qui se meut en réalité et qui nous entraînent dangereusement vers le fond. Chacun a en soi une part infime de son âme qui n’aspire qu’à se réaliser, peu importe la manière dont elle le fait, mais elle veut y croire. Cette petite âme que nous protégeons tous comme si nous l’avions perdue, à qui rêvons-nous de l’offrir, et en quelle occasion ?




L'infini d'un regard est bien plus profond que l'âme qui le porte. A travers le regard, on peut discerner la vérité d'un homme, celle qui guide tout son être, qui lui permet de s'élever vers ce qu'il a de plus précieux.
Une immensité, une si belle immensité dont son coeur se si proche et en même temps si loin. 
Ne sentez-vous pas parfois ces envies folles d'évasion qui vous serre et vous pousse vers l'horizon, vers ce que le coeur a d’inatteignable, vers ce qu'il a de plus insondable.
Tout le mystère d'un regard est contenu dans sa vérité. Une vérité propre à chaque homme. Ainsi, chaque regard que vous rencontrez, sur votre chemin, sur vos quotidiens embrumés, sur vos routes délabrées, chaque regard est une chance.
Seulement, sauras-tu saisir cette chance, cette opportunité de saisir dans un regard la vérité d'un être ? 
Chaque vérité est différente, personnelle, imperceptible parfois, mais elle recquiert une attention aujourd'hui délaissée. 
Lorsque l'on croise un regard, il n'est plus besoin de s'y attarder. Alors que dans chaque regard, une richesse est présente et peut s'allumer et se révéler dès qu'elle rencontre une lueur semblable à la vôtre.





Je pense que lorsque l'on a trouvé une personne
Pour contempler
L'immensité des plaines, 
Des collines et des merveilles que Dieu offre
A nos yeux incrédules, 
Alors là est le vrai bonheur.



mardi 22 janvier 2013

EPITAPHE LUNATIQUE - UN BRIN D OPTIMISME


Je n’ai jamais vraiment réussi à écrire sur la joie. Qu’est-ce que c’est pour moi ? Je ne sais pas exactement. Un sentiment, une émotion, quelque chose qui passe et qui s’oublie un peu trop de nos jours. Il y a pourtant de si belles occasions d’être heureux aujourd’hui. La joie de se réveiller le matin, d’entrouvrir ses paupières doucement et de sentir sur son visage les fins halos de lumière. Ou encore, la joie de sentir qu’on est là, debout sur ses deux jambes alors que bien des existences se réduisent à vouloir se lever. Nous on est déjà debout dans la vie. Alors on respire lentement, quelque chose de subtile arrive à nos lèvres, je crois bien que c’est un sourire.

 Mais à ce stade-là de cette petite joie du matin, il reste un peu timide ce sourire. On n’ose pas exactement le laisser s’exprimer parce que l’on a trop peur des réactions, et pourtant ce sourire peut faire flancher n’importe qui. Pourquoi ? Parce que ce sourire est joliment vrai. Un sourire vrai ça n’existe plus vraiment de nos jours. Il existe trois types de sourire, tous faux et tellement triste.

Le sourire du commercial qui arrive et qui veut nous vendre quelques sornettes, le sourire ironique et moqueur, et surtout le sourire que l’on porte sur ses lèvres quand on va mal.
Le sourire commercial est le plus fourbe, le plus odieux puisque c’est un sourire qui utilise vos faiblesses. Qui trompe la sympathie derrière un masque vil et qui cherche juste à s’enorgueillir d’un nouvel acheteur potentiel.
Le sourire ironique et moqueur nous rabat sur nos faiblesses et nos difficultés, il est le plus blessant puisque à travers le sourire de l’autre on entrevoit ses doutes et on perd confiance. Les grandes gueules sont ceux qui ont le sourire le plus ironique, demandez-leur de sourire pour de vrai, juste pour voir. Bien peu en sont capables, ils ont oublié que le sourire s’utilisait pour exprimer sa joie, et non une victoire mesquine face à un plus faible que soi.
Le sourire qui cache une souffrance, qui donne l’impression que l’on va bien est le plus dure à accepter.  Beaucoup d’entre vous le connaissent, mais bien peu osent s’avouer qu’ils ne sourient pas pour cause de bonheur, mais pour faire croire à une part de bonheur.

Le sourire d’un enfant est la plus belle preuve que la bonté et la joie existe. Les sourires des enfants sont innocents, spontanés, plein de vivacité. Ils brillent par leur simplicité et nous surprennent par leur vérité. Les enfants, sans le savoir nous donnent une bonne leçon d’optimisme !
Réapprenez à sourire pour de vrai, à vous émerveiller des petites joies du quotidien, elles rendront votre journée plus belle, et votre sourire plus vrai. Le train qui arrive à l’heure juste quand vous arrivez (chouette, pas obligé de courir !) , un monsieur qui vous tient gentiment la porte ( les gentlemen et la politesse ne sont pas encore perdus ! )  En un mot EMERVEILLEZ VOUS de la vie et de ce qu’elle apporte, même si c’est quelque chose d’infime !

Regardez autour de vous les vraies sourires, ils sont si peu nombreux mais ils résonnent en vous tellement fort….Ils apaisent et donnent des coups de fouet, ils motivent et crée en nous un bien être indéniable parce qu’il nous rappelle que dans ce monde de fou la bonté et la joie du cœur existe

2h10 du matin 6 janvier 2012




lundi 13 août 2012

EPITAPHE AUX DORMEURS SANS ETOILES #5



Je suis dans une pièce qui n’est pas mienne. Des affaires éparpillées en tous sens, pieds nus, la chevelure lâche et le regard las, je serre les dents et je m’accroche pour comprendre ces umbroglios, ces labyrinthes de cartes, ces détroits, ces vallées, ces noms de pays dans lesquels je ne mettrai jamais les pieds de toutes façons. Voyager, ce verbe vous transporte et vous laisse au cœur un baume inespéré pour soigner votre routine. Un air de piano, le vent et la pluie mince et fine qui vous fouette le visage, une cour mal éclairée, des fenêtres petites et sans lumière. L’obscurité, l’ombre et parfois des lueurs qui vous sourient.  On esquisse un mince sourire, on pose les derniers mots sur la feuille de papier aux sons d’une douce mélodie calme et discrète qui n’ose s’imposer et troubler nos exigences. Et pourtant, on essaie de s’approprier cette musique au fond de nous, on ferme les yeux et elle résonne en nous, plus fort. Il n’y a plus qu’elle, des soupirs et des souvenirs d’enfants nous reviennent en mémoire ; une valse de sensation nous emmènent dans un univers que nos cœurs d’homme trop jeune ont oublié ou effacé.




Seule, sale perdue dans de vieux recoins poussiéreux. Accroche toi et essuie les larmes de ton visage, prend moi la main et ne la lâche pas, pauvre enfant que tu es. Je sais bien que rien n’est facile pour toi et que ta piètre existence est comparable à celle des chiens que l’on traine dans la boue et que l’on fait courir pour remporter des piécettes. Mais je sais que tu vaux plus, tu as quelque chose en toi qui ne demande qu’à éclaircir le monde. Alors arrête de me regarder avec ce regard triste, je t’en supplie accroche toi, il en faut plus pour te faire tomber. Cesse de pleurer, remonte ta robe et tiens-toi droite, reprend la prestance que tu avais jadis, ce port d’antan et ces mains gracieuses. Redresse toi allez, encore un effort je suis certain que tu peux reconsidérer le monde et l’avoir à ta portée.
Regarde toi dans ce pull trop grand qui t’étouffe et te cache, tes os sont biens las et tu traînes ta peine comme on trainerait une petite toux qui vous prend la gorge et vous la bouche complètement tel du goudron dans le gosier d’un goeland venu s’échouer à Pleymouth . Tes jambes sont si fines, j’ai peur on dirait que tu vas tomber et chanceler sur le bitume. Je te jure, on dirait des allumettes et j’ai peur de n’avoir que peu de force pour te ramasser. Et puis je partage un peu ta peine, je n’aurai même pas de quoi te payer le taxi ma pauvre.  Tes vêtements trainent dans la boue et tes joues sont barbouillé de suie, je ne sais pas ce que tu as été faire hier soir, mais ça devait être romanesque pour que cela te mette dans ces états.  Tes talons sont à peines vernies, et ton collant est déchiré. Tu as piètre allure et pourtant il émane de toi une grâce, un rayon de tristesse que j’ai du mal à décrire totalement. C’est perceptible et en même temps si infime.



Au fond est ce que tu y crois toi à l’amour ? Je ne suis pas vraiment certaine de cerner avec justesse toute l’étendue du sujet. Je pense que c’est un sentiment fort, mais plus j’avance plus il me parait difficile à décrire. C’est un peu enfantin, mais je me sens un peu novice en la matière alors même que j’ai connu ce sentiment sous divers aspects et à travers une multitude d’horizon. Seulement, on a chacun sa vision personnel de l’amour en soi, de cet espèce de sentiment qui arrive à changer le cours d’une histoire, à renverser deux âmes ou à en perdre d’autres. C’est des situations de romans, ou de la réalité appliquée à la fiction, je ne sais pas trop ce que je préfère. On aimerait être embrassé en toute simplicité, aux détours d’une ruelle, d’un jardin, d’un porche de vieille pierre, en pleins Paris à la campagne ! Qu’importe le moment, mais ce qu’il faut c’est de la surprise et la grâce de l’instant, il faut savoir l’apprécier parce qu’apprécier un baiser ce n’est pas forcément évident. C’est généralement lorsque l’on est le plus inexpérimenté que les premiers baisers sont les plus beaux, ils sont comparables à des jeunes bourgeons qui annoncent le printemps. Et leur verdure nous embaume le cœur, mais déjà leurs fleurs écloses nous coupent les lèvres trop avides. Je suis certaine que vous en rêvez tous que l’on vous prenne par la main, qu’on vous la serre très très fort jusqu’à vous faire mal, et que l’on entende votre rire sonner à des dizaines de kilomètres. Je crois que c’est ce qu’on définit comme des instants de bonheur, rien qu’à l’entendre dans ma tête j’ai le cœur qui bat et je suis un peu nostalgique. On a tous des vieux fantasmes totalement clichéiques, autant les femmes que les hommes, et c’est ce qui fais toute la richesse d’une histoire. Se prendre dans les bras sur une musique pourrie, déjeuner dans un grand restaurant et commander des plats extravagants, se promener dans Paris l’air léger avec à la main une fleur et à la bouche un refrain nouveau. Et on recherche tous l’amour, ce satané amour qui nous oppresse, nous rend heureux, nous fais perdre la raison, nous fais vivre plus que de folie. Il est là, présent devant nous et pourtant on reste aveugle, on se met à le chercher alors qu’il est sagement devant nous tel une évidence. Ça en deviendrait presqu’indécent, mais il se dévoile toujours au moment où l’on s’y attend le moins. Alors à cet instant précis se produit un choc, une onde positive qui nous transperce de l’intérieur et se répand en nous comme une sève bénéfique . Ca nous surprend au premier abord, et ça nous transporte vers des rêves que nous n’aurions jamais eu la prétention d’imaginer. Puis vient le moment du discernement que l’on oublie tellement on est bien, mais vite la raison revient au pas de course, à nous de l’écouter ou pas.





Et moi je te dis que les gens de paris
Ont les lèvres brodées de mélancolie
Ils pensent à leur jeunesse effacée
Aux ritournelles, aux balades embrumées
Des époques lointaines ou ils savaient choisir
Les lieux et l’instant propices aux soupirs

Aujourd’hui ils ont oublié
Les rengaines du temps passé
Plus personne aux bois de vincennes
Leurs ames sont bien en peine
Ils rêvent de retrouver leurs désirs
De réinventer leur fuite et leurs rires

Je pourrais longtemps te décrire
Ce que ma mémoire risque de ternir
De bien beaux endroits calmes et las
Ou l’on s’aimait sans dessus deça
Des œillades appuyés au regard tapageur
Tous ceci restent gravés au cœur


Et tous s’efface comme un voyage
Dans le miroir on reste sage
De vieilles histoires un peu trop belles
Faites d’illusions et d’irréel
On se sent bien sans vraiment rien
Un peu de tous et de regains
Du temps qui courrent
Des bruits de sourds




dimanche 10 juin 2012

EPITAPHE AUX DORMEURS SANS ETOILES # 3

Epitaphe aux dormeurs sans étoiles #3



stroboscope
Cet instant bref, brut et natif à la limite d’un déchirement intense entre la réalité et ce que l’on pense être de la fiction. Un regard presque comme un cri, un souffle qui déchire un vieux silence et nous laisse meurtri dans les plaines et les vallées du Nord. On ne reconnait rien et tout reste à découvrir, cette soif d’inconnu que l’on croyait perdu : elle renait, et on respire enfin. Une ivresse qui nous prend à la gorge, nous embaume le cœur et l’esprit et laisse en nous un sentiment léger et frais comme le printemps et les bourgeons verts et audacieux. On se sent pousser des ailes, et les longues distances ne nous font plus peur, on se croit jeune et invincible. La vie est là, mais la jeunesse déjà fuit. Et on aperçoit là bas au loin un vieillard qui nous scrute, ses paupières sont lourdes et le temps a a laissé sa trace sur son visage buriné par le vent. Tristement il sourit, son regard s’attarde sur notre visage lisse et notre regard d’enfant. Il sait que demain reste incertain, mais il est confiant lui . Malgré notre fierté, notre fougue, on n’est pas vraiment à même de savoir ou l’on se dirige. Nos années d’études s’égrenent lentement dans une course insaisissable qui nous parait durer des siècles. Primaire, collège, lycée…


lassitude

J'ai tout envisagé, moi qui suis si sage
Cette subtile sensation tel un présage
Me laissait sans soucis de peine et dépourvu de joie
Qui peut donc rire à mon oreille, si ce n'est toi ?

Et déjà je me résous et je m'abaisse
A l'éphèmère et aux instants qui blessent
Je m'émeus, je m'exhale et soudain m'abandonne
Tristement je souris, et ton nom voleur sonne

De toi je connais tout ma folie et ma loi
J'ai longtemps attendu, l'aventure est mon droit
Furieux, tu regretteras les temps passés,
C'est perdre en désir le bonheur de s'aimer

Il semble loin le dédain, le mépris et l'envie
Qui nous rendait aimable et estimait nos amis
Sans crainte je m'avance et vite me jette
Dans ces gouffres ou l'amour m'a fait fête .

31 MAI - 19h




mercredi 9 mai 2012

EPITAPHE AUX DORMEURS SANS ETOILES #2

C'est dur de trouver les mots pour dire que l'on aime quelqu'un.
C'est dur, et pourtant des choses à dire on en as des tas. Ce ne sont pas les idées qui nous manquent loin de là.
Mais parfois on n'arrive pas à dire ce que l'on ressent, on hésite parce que l'on se dit que ça va mal passer ; que ce n'est pas suffisamment bien tourné, bien écrit...que l'Autre va se moquer.
Et souvent, ce n'est pas le cas.
Parce que l'autre justement, en face de nous voudrait lui aussi nous montrer qu'il nous aime plus que tout, et il n'ose pas. Il a trop de pudeur, peut être un peu de gène. Alors nous on fait le grand saut, on se jette à corps perdus dans des mots qui sont empruntés ça et là ,qui ne nous appartiennent pas vraiment mais qu'on utilise parce qu'on sait que ces mots d'amour feront toujours plaisir.
La seule phrase qui nous appartienne réellement dans tous ça, c'est  « je t'aime ».
Parce que ça personne ne peut le dire à notre place , personne peut nous plagier en le disant à torrs et à travers . Même si cette phrase est universelle, quand on la dis, quand on la soupire, quand on la déclame elle est à chaque fois unique parce qu'on la dit pour l'autre et jamais pour nous même.
Ce « je » c'est Nous, c'est notre « moi » tout entier qui se livre à ce « T' » contraction de « Toi » qui compte tant, parce que ce « toi » est défini, ce n'est pas quelqu'un au hasard.
Ce « T » c'est comme si l'on disait «  je te choisis TOI, et c'est Toi que j'ai décidé d'aimer »
Et justement ce « aime » ce verbe lui aussi universel, qui peut recouvrir des amours différents, maternels, amicals, ou alors l'autre facette...Celle pour laquelle je t'écris ce texte qui veut tout dire et en même temps qui n'arrivera jamais véritablement à te faire ressentir ce que je ressens pour toi.
Alors peut être que maintenant, quand je te dirai « je t'aime » tu comprendras un peu mieux la façon dont je perçois ces mots.
Je t'aime.



Elle est tombée dans ma gorge sèche comme une goutte de plomb qui m’a écorché l’œsophage. Ce fut bref, violent, rapide et curieux. Une sensation acide me parcourait tout le corps et une sueur moite m’enveloppait d’une torpeur maladive. Mes mains se mirent à trembler et mes gestes devenaient incertains, j’avais l’impression de m’être embourbé dans un mauvais rêve dont je n’arrivais pas à me défaire.  Je voulus me lever mais mes jambes comme happées par une force surnaturelle se replièrent d’elles-mêmes et je me rassis sur la banquette en cuir dans un souffle rauque et épuisé. Ma mine était livide et mon teint blafard. Mon regard ne fixait plus rien et je tentais vainement de m’accrocher à quelques détails de la pièce dans laquelle je me trouvais .Dans un court instant de lucidité je parvins à distinguer dans le reflet terne du miroir de comptoir une ombre étrange et obscure, avec aux lèvres un pâle rictus de bête  prise en faute…Le halo tremblotant de ma lampe à huile ternissait la blancheur de la nuit. Je sentis couler sur ma tempe de la sueur moite et rêche, mon échine se glaça et mes membres encore valides se raidirent comme du bois mort. Les craquements du plancher gémirent plaintivement sous les raclements de ma chaise et je tombais à la renverse…pour ne plus jamais me relever.


s'envoler tout là haut, n'avoir ni dieux ni maitres et sentir la liberté nous enflammer et nous prendre dans ses bras . Se jeter inconsciemment dans le vide avec un soupçon de doute pour se borner à croire que nous ne sommes que des hommes enchaînés à la terre
J'ai peur de devenir trop sérieuse et de ne plus savoir sourire, et même rire! Imaginez le vide que cela serait ? Bref, brut et un peu triste. 
On est tous des enfants au fond de nous, et moi je peux vous assurez que lorsque je déambule dans les rues parisiennes et que je vois une foule de moutons autours de moi; ça me fait horriblement peur ... tous en costard cravate, belle montre, smartphone etattaché case à la main, sourire maxwhite en option.
Des hommes pressés qui vous bousculent dans le métro, le stress, l'anxiété, les addictions en tout genre, mais c'est bien la déprime qui semble anéantir le XXIe siècle.
Pour pallier à cette morosité du quotidien rien ne vaut la simplicité d'un moment, le calme d'un instant privilégié comme un café posé à Odéon, ou un verre de rosé sur les quais de Seine, l'air faussement négligé. Une ambiance à créer, un rythme sur lequel dodeliner de la tête et se sentir hors du temps.
Casse les codes qui vous semblent dérisoires, les mettre carrément hors jeu et twister un peu tard boulevard Saint Germain, en bonne compagnie de gens de gout sachant apprécier les valeurs sures, comme les nouveautés un brin décalé.


Dis, tu te souviens de ton enfance ? De ces jeux innocents ou l'on s'attrapait main dans la main avec pour seule ambition de rire et d'oublier déjà le poids de l'avenir sur nos épaules . Ces promenades silencieuses lors de lesquelles on regardait toujours par dessus notre épaule en espérant qu'un indien ou un bandit ne nous file pas. Le temps des jeux, des rires et de l'oubli, le temps de l'enfance. Un caramel qui colle au palais, de l'herbe grasse et verte et puis Nous


vendredi 4 mai 2012

Epitaphe aux dormeurs sans étoiles #1


Nouvelle rubrique intitulée : épitaphe aux dormeurs sans étoiles 


Je voudrais que la terre s'arrête pour redescendre





Alors comme ça on est balloté par la vie, un peu contre nos grès, un peu vers toutes les directions. Et quand quelquefois le chemin ne semble pas nous plaire, on se résigne à vouloir faire demi-tour, on espère que peut être, c’est enfin la bonne route et que les possibilités de se perdre sont réduites à néant. Mais on se leurre, on s’imagine tant de choses que les surprises nous effraient et nous ne savons pas exactement la posture à adopter, se laisser flancher, ou se battre ? Rester debout, ne plus se mentir à soi-même et chercher encore et encore à démêler le faux du vrai, dans l’espoir vain de toucher la vérité du bout des doigts.

L’espoir n’attend pas, et la vie semble nous narguer de la situation d’instabilité que charrie nos sentiments, on ne peut jamais prévoir ce qu’il va arriver et c’est bien là ce qui fait la fierté et la richesse d’un sentiment. Seulement, lorsque les faits apparaissent devant nous, brefs, bruts et violents on se sent comme trahis, et pourtant rien ne nous obligent à nous en vouloir. Ce n’est pas notre faute, ce n’est pas la faute de l’autre, ce n’est la faute de personne.
Je voudrais bien me trainer dans le sable et sentir un peu d’air frais balayé mon visage, respirer lentement et prendre mon temps. Oublier que je ne suis qu’un être doué de raison et que la raison semble me faire défaut malgré les efforts déployés depuis. Je suis amère, trop incertaine pour continuer d’avancer et rien ne pourra me faire changer d’avis. L’agacement me presse et me serre en ses liens, et je ne sais plus rien de ce que j’espérai. L’enfant en moi se réveille, et je suis mise à mal, assise sur le bord de la route, l’air un peu désabusé et tellement surprise devant tant de violence. C’est semblable à l’instant où l’on vous tire d’un rêve bon ou mauvais, subsiste alors un moment de flottement qui nous tire hors de nous, et nous laisse l’esprit dans un état brumeux mais ailleurs. On reprend ensuite ses esprits, on se ressaisit, et on ouvre les yeux pour de bon.

Le soleil et ses rayons nous aveuglent et l’on sent déjà le vacarme et le climat ambiant qui semble nous happer et nous jeter comme un fauve dans sa cage. Rien ni personne ne peut dépeindre notre état et l’on donnerait des millions pour s’en débarrasser, pour le revivre, ou pour se racheter auprès de quelque quidam. Je pense qu’on est tous un peu masochiste au fond, et que souffrir fait partie intégrante des motivations humaines. On se dit qu’on n’en a pas eu assez, et chaque fois on en redemande, laissant çà et là ce qu’on croyait acquis depuis toujours.
Arrêtez d’y croire ne résous rien, il faut lutter contre cette perte, se l’accaparer et s’en rendre maître. Ne jamais la considérer comme un fait insignifiant, mais au contraire apprendre à la connaitre pour essayer de déjouer ses tours qui nous illusionnent.

7h48 le 04/05/12